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Classement PISA : des problèmes de compréhension pour M. le Ministre ?

Sans surprise, les résultats en France de l'enquête PISA, menée par l'OCDE pour évaluer les compétences des élèves de 15 ans de 81 pays, sont médiocres. Sans surprise, car ils ne sont que la résultante des politiques éducatives, elles-mêmes médiocres, mises en œuvre depuis des années, et surtout, de l'absence totale de culture de l'évaluation de ces politiques.

J'explique toujours à mes élèves que face à un situation problématique, il faut chercher ce qui pose problème, puis apporter des réponses en lien avec ce qui pose problème. C'est exactement ce que ne fait pas Gabriel Attal, qui commence par dénier toutes responsabilités des différents ministres de l'éducation nationale nommés depuis 2017, et dont les réponses sont totalement déconnectées de l'école publique (qu'il a peu fréquentée, à sa décharge...).

Par exemple, pour remédier aux inégalités sociales, particulièrement marquées dans notre pays, des groupes de niveaux vont être instaurées dès l'année prochaine. Spoiling : on retrouvera dans les meilleurs niveaux les enfants des classes sociales favorisées, et dans les moins bons, ceux des classes sociales défavorisées...

De même, pour remédier à la désorganisation du système de recrutement, on va tout chambouler en rajoutant des nouveaux programmes, en imposant des nouveaux manuels, des nouveaux objectifs aux professeurs. Succès assuré...

Les élèves se plaignent des mauvaises conditions d'apprentissage, du bruit, du manque de soutien de la part de professeurs débordés par des classes surchargées, mais rien n'est proposé pour améliorer les pratiques, la formation continue restant quasi-inexistante en France comparée aux autres pays.

Mais qu'on se rassure : les nouvelles mesures proposées par M. le ministre, promis-juré, vont redorer le blason terni de notre pays. Et l'intendance suivra, notamment pour recruter les milliers d'enseignants nécessaires pour mettre en œuvre ces nouvelles mesures, dans un contexte, justement, où l'éducation nationale ne parvient plus à recruter, notamment depuis la réforme Blanquer.


Lire aussi la note du collectif Nos services publics

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